Economie, écologie, bon sens !

L’échange de maison est-il écologique ? Oui, sans aucun doute ; en utilisant ce mode d’hébergement, vous avez l’usage de ce qui existe déjà, sans pousser un quelconque promoteur à construire une nouvelle résidence de tourisme, dont les lits resteront froids –c’est l’expression employée pour une chambre inoccupée- une immense partie de l’année. Si vous culpabilisez parce que vous êtes l’heureux propriétaire d’une résidence secondaire, c’est également en l’échangeant que vous la valoriserez, et que cette dernière se rendra plus utile que pendant les quelques jours, ou quelques semaines (42 jours en moyenne) pendant lesquelles vous-mêmes vous y rendez ! Ces résidences deviennent ainsi « utiles », sans que leur occupation par l’échange, à titre gratuit donc, ne vienne augmenter les charges, ou la fiscalité de leur propriétaire.

Ceci étant, nous vivons dans un monde qui change, et changera dans les années à venir de façon de plus en plus radicale ; le réchauffement climatique est en effet au cœur de nos préoccupations, et nous sommes pour la plupart à la fois curieux et inquiets de connaitre les solutions que l’avenir nous apportera. Voici 5 exemples, chers lecteurs, de municipalités qui ont pris le problème à bras le corps, de façon spectaculaire, en raison de leur situation géographique, ou du climat dont elles doivent s’accommoder !

Commençons par les bien nommés Pays-Bas, dont le quart de la surface se trouve sous le niveau de la mer, et qui ont su, dès les années 80, prendre la mesure du risque encouru par une probable montée du niveau des océans. A Rotterdam et Amsterdam, où vous pourrez trouver des centaines d’offres d’échange de maison, le problème est géré de multiples façons, mais en voici deux qui sont spectaculaires dans leur simplicité.

rotterdam floating houses

ROTTERDAM

Le Benthemplein Watersquare de Rotterdam est une place à mille autres pareille, elle intègre un terrain de basket, des fontaines et devient le siège de manifestations culturelles en été. Mais, dès que les précipitations ou les marées dépassent la moyenne, le square se transforme en étang, recueillant ainsi l’eau en surplus qui n’ira pas inonder des zones d’habitation ! Simple et génial à la fois, ce système montre que le traitement des symptômes du réchauffement existe, à défaut de s’attaquer franchement à ses causes. A Rotterdam toujours, l’on expérimente également une forme d’habitat qui se joue de la montée des eaux, puisque elle est justement flottante ! Dans le quartier réhabilité de Rinjhaven, à deux pas de la InHolland, l’université hollandaise des sciences appliquées, des dômes, recouverts de panneaux solaires, flottent en effet sur le port, pour présenter ce futur habitat. Pour les échanges, prévoir un délai, les hollandais n’en sont qu’aux phases de test !

supertrees singapour

SINGAPOUR

Changeons de continent, et changeons de registre, également, pour découvrir les spectaculaires Supertrees de la cité-état de Singapour, où vous pourriez faire, par le biais d’Homelink, du dogsitting ! Ces faux arbres géants peuvent à la fois absorber la chaleur, tout en fournissant une ombre bienvenue. Ils sont plantés de luxuriants jardins, qui à leur tour absorbent du dioxyde de carbone, et sont recouverts de nombreux panneaux solaires. A deux pas de ces installations se dresse l’impressionnant Marina Bay Sands, où vous ne résiderez pas, puisque c’est un hôtel, mais qui, à sa façon, permet de concentrer dans un espace le plus réduit possible, 2650 chambres…

Freiburg solar houses

FREIBURG

Mais revenons en Europe, avant de terminer notre voyage aux Etats-Unis. Dans l’ouest de l’Allemagne, à Freiburg, le quartier Vauban a été, lorsque les militaires ont quitté les lieux, pensé comme un des tous premiers éco-quartiers européens. A l’est de la Mertzhauser Strasse, vous trouverez peut-être un échange dans l’un des appartements à énergie positive de l’architecte Rolf Disch. Ces habitations produisent plus d’énergie qu’elles n’en utilisent, offrant par là même une vision différente sur notre empreinte carbone, et laissant entrevoir des solutions efficaces pour annuler tout bonnement le tiers des émissions de gaz carbonique émis par l’habitat humain. Ce quartier est également extraordinaire dans le sens où il est cogéré par une association d’habitants !

Water treatment plant Texas

WICHITA FALLS, TEXAS

A Wichita Falls, au Texas, vous ne trouverez pas d’offre d’échange. Mais seriez-vous prêts à boire au robinet une eau dont une partie au moins vient directement… de l’usine d’épuration ? Oui, chers lecteurs, les grands changements que nous nous apprêtons à vivre revêtent parfois de drôles d’aspects, et ils nous démontrent que nous devrons sans aucun doute nous questionner, adapter notre comportement, et dépasser nos habitudes !

polar bear on thin ice

FAIRBANKS, ALASKA

Restons aux USA pour achever ce tour d’horizon de la gestion du réchauffement, et dirigeons-nous vers l’Alaska, ses aurores boréales, ses ours et ses saumons, et surtout son pergélisol qui ne mérite plus son nom… Changement climatique oblige, les sols ne sont plus gelés en permanence dans ces contrées boréales, posant nombre de problèmes aux populations autochtones, par notamment l’enfoncement des maisons, et, dans ce cas, la destruction du réseau routier Alaskien… Dans la région de Fairbanks, où l’aventureux adhérent trouvera un échange de maison proposant ours et caribous dans le jardin, Les routes sont aujourd’hui en cours d’isolation. Une couche de polystyrène est en effet intégrée à la bande roulante, de façon à atténuer les effets de la fonte du permafrost sur le bitume…

Toutes ces idées, toutes ces solutions à des problèmes aujourd’hui insolubles ont un côté désespérant, mais offrent simultanément une vision particulièrement optimiste de notre avenir. Elles sont la preuve que nous ne sommes pas, et ne seront probablement jamais, à court d’idées, pour aggraver ou améliorer une situation lambda… Et j’espère que vous voyez, tout comme moi, dans ces efforts étonnants,  le verre à moitié plein !

Et si vous voulez creuser un peu la question, vous pouvez visiter le site du National Geographic, qui m’a soufflé le sujet de ce billet, et lire, si vous en avez le courage, le génial, mais pointu bouquin de Naomi Klein, « Tout peut Changer », chez Actes Sud !

A bientôt, Laurent !

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